Musée et fonderie de la cloche Paccard

EXCURSION

MUSÉE ET FONDERIE DE LA CLOCHE PACCARD

SÉVRIER (F)

Organisateur: Patrick Berthold

T 079 342 78 96 – @ family_berthold@bluewin.ch

La Fonderie PACCARD est aujourd’hui la référence mondiale en matière de cloches d’églises et de carillons. Entre tradition et modernité, 7 générations de fondeurs se sont succédé à la direction de l’entreprise. Au total, ce sont plus de 120 000 cloches qui rythment le quotidien de villes et de villages à travers le monde entier et des cloches exceptionnelles qui ont marquées l’histoire de la fonderie.

La Fonderie PACCARD, c’est enfin le spécialiste de tous les équipements campanaires : jougs, battants, beffrois, moteurs de volée ou de tintement, horloges monumentales… Voici son histoire…

1796 : Le début d’une aventure campaniste

Nous sommes en 1796, à Quintal, petit village peuplé d’irréductibles Savoyards. En raison des outrages commis pendant la Révolution Française, il n’y a plus ni prêtre – le curé, réfractaire, a dû quitter le Presbytère – ni cloche. Les deux cloches de l’église ayant été réquisitionnées par les révolutionnaires pour être transformées en canons et en pièces de monnaie, donc l’église est fermée.

Le nouveau maire, élu en 1795, n’a qu’une idée en tête : rouvrir la petite église afin que revive le village. Il prend alors son bâton de pèlerin et s’en va trouver l’évêque auquel il exprime sa préoccupation qui est aussi celle de ses Quintalis.

« Vous aurez un prêtre quand vous aurez une cloche dans votre clocher ! » lui répond le prélat, désireux de s’assurer du sérieux de la demande. Il en faut plus pour décourager un Savoyard… Monsieur le Maire décide donc de réaliser la précieuse cloche. Pour cela, il fait appel à un saintier itinérant de bonne réputation, du nom de Jean-Baptiste Pitton. Arrivé sur place, notre homme sollicite les habitants du village afin que l’un d’eux lui serve d’apprenti. Privilège de sa situation ou hommage rendu par les Quintalis – l’histoire ne le dit pas – le Maire de la commune est désigné. Il a 24 ans et s’appelle Antoine Paccard…

1796-1857 : après la tourmente révolutionnaire

Aux côtés de Jean-Baptiste Pitton, Antoine Paccard découvre le métier de fondeur de cloches… et en tombe amoureux ! Il décide de devenir fondeur à son tour : il est alors loin de se douter qu’il lance une dynastie de fondeurs de cloches dont la renommée fera le tour du monde et perdurera encore sept générations plus tard…

Mais en 1796, tout n’est pas si simple pour Antoine Paccard. Il lui faudra, par exemple, attendre la signature du Concordat en 1801 pour que sa cloche puisse être hissée dans le clocher de Quintal. Pendant cette période troublée, Antoine n’hésitera d’ailleurs pas à risquer sa vie, en cachant dans sa grange, le missionnaire venu remplacer le précédent curé, arrêté par les révolutionnaires.

Précurseur, Antoine crée d’emblée une fonderie sédentaire, ce qui lui permet d’améliorer la qualité de ses cloches. À sa mort, ses fils Jean-Pierre et Claude Paccard continuent l’exploitation de la fonderie. Devant l’extension prise par la nouvelle industrie, ils font transférer l’usine de Quintal à Annecy-le-Vieux, entre 1854 et 1857. Ils se rapprochent ainsi de la gare d’Annecy, première du département, construite à la même époque, ce qui facilite grandement le transport des cloches et contribue au développement de l’entreprise.

1857-1989 : l’épopée d’Annecy-le-Vieux

La « Fanfoué »
Jean-Pierre meurt prématurément, laissant seule sa veuve et leurs trois enfants. Afin de protéger ses fils des ambitions de leur oncle Claude, Françoise Paccard n’hésite pas à « porter le pantalon » pour aller travailler et diriger la fonderie « comme un homme ». En signe de respect, on l’appellera la « Fanfoué » (en patois, François se dit Fanfoué, tandis que Françoise se dit Fouèse). À la majorité de son aîné, Georges, elle lui transmet les rênes de l’entreprise, pour ne plus jamais y revenir. Bel exemple d’abnégation et de dévouement maternel…

Georges, Francisque et Victor Paccard, fils de Jean-Pierre, font prospérer l’entreprise qui, dès la fin du XIXème siècle, acquiert une réputation mondiale. Georges s’occupe de la direction technique ; il préside ainsi à la coulée de plus de 10 000 cloches. C’est à lui que l’on doit la beauté des formes des cloches PACCARD, la justesse de leur tonalité, l’ampleur de leur timbre et de leur harmonie. Il fut en France le principal promoteur des carillons dont la vogue, qui venait de Belgique, s’est répandue dans tout l’Occident. En 1891, il coule la plus grosse cloche de France : la « Savoyarde » du Sacré-Cœur de Montmartre.

La savoyarde

La Savoyarde (de son vrai nom «Françoise Marguerite du Sacré-Cœur de Jésus ») est le nom de baptême de la plus grosse cloche de France qui se trouve dans le campanile de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, à Paris.

Fondue le 13 mai 1891 par la fonderie Paccard située en Haute-Savoie, cette cloche en bronze sonne le contre-ut grave (65,41 Hz).

Avec un poids de 18 835 kg, pour 3,03 m de diamètre et 9,60 m de circonférence extérieure, une épaisseur à la base de 22 cm et un battant de 850 kg, elle est le sixième plus lourd bourdon existant en Europe derrière celui de la cathédrale du Salut de la Nation Roumaine de Bucarest en Roumanie (25 190 kg), la Petersglocke de Cologne en Allemagne (24 000 kg), l’Olympic Bell de Londres au Royaume-Uni (23 311 kg), Maria Dolens de Rovereto en Italie (22 639 kg), et le Pummerin de Vienne en Autriche (20 130 kg). Avec ses accessoires, son poids officiel atteint un total de 19 685 kg.

Elle fut offerte par les quatre diocèses de Savoie. L’arrivée du fardier à la basilique du Sacré-Cœur le 16 octobre 1895, tiré par un attelage de 28 chevaux], fut un événement à Paris.

Bourdons et Carillons : LA MAÎTRISE DU PROFIL

Plus tard, Georges Paccard travaille avec ses fils, Joseph et Louis, les guidant de ses conseils. Après la première guerre mondiale, la fonderie produit un très grand nombre de cloches dont certaines particulièrement célèbres, comme la « Jeanne d’Arc ».
A cette époque déjà, 700 à 800 cloches sortent chaque année des ateliers, pour tous les pays du monde.

Grâce à Alfred Paccard (fils de Louis) et à ses cousins, Henri et Jacques, la fonderie devient le spécialiste mondial du carillon. Sa renommée tient à ses procédés de moulage, mais surtout à sa maîtrise du timbre et de la note.

En 1950, le gouvernement des États-Unis ne s’y trompe pas lorsqu’il commande 54 répliques de la fameuse « Liberty Bell » qui sonna l’Indépendance en 1776.

En 1950, le gouvernement des États-Unis ne s’y trompe pas lorsqu’il commande 54 répliques de la fameuse « Liberty Bell » qui sonna l’Indépendance en 1776.

Depuis, la fonderie a réalisé de très nombreux carillons et sonneries pour ce pays.

La plus grosse cloche en volée du Monde

Grâce à ses qualités d’ingénieur et à sa passion pour les cloches, Alfred développe une technique spécifique pour la réalisation des carillons, travaillant sans relâche (parfois même la nuit dans une chambre tenant plus d’un atelier que d’un lieu de repos…) à l’amélioration du profil, garantie d’une bonne sonorité. Des centaines de cloches seront produites, avec, pour unique fin, de perfectionner la sonorité des cloches PACCARD, en garantissant la justesse et l’homogénéité du timbre, qualités auxquelles on reconnaît un véritable instrument de musique.

Ainsi naîtra la technique du modèle, qui permettra à l’entreprise de livrer un très grand nombre de carillons dont la qualité musicale reste inégalée encore à ce jour.

En 1978, suite au décès d’Alfred, son fils Pierre prend la direction de l’entreprise. Il signera, entre autres, deux réalisations magistrales. En 1986, la plus grosse sonnerie en volée du Monde : trois cloches de 6, 10 et 19 tonnes pour le Canada. Et, en 1998, il se voit confier la réalisation de la plus grosse cloche en volée du Monde, pour les États-Unis. L’envolée de ses 33 tonnes a marqué l’entrée dans le troisième millénaire, sonnant les douze coups de minuit, le 31 décembre 1999…

La Liberty Bell (la Cloche de la Paix)

Ingénieur comme son père, Pierre partageait, avec lui, son amour pour ses cloches. Une passion transmise à Philippe, qui entre dans l’entreprise en 1989, et à Cyril, qui rejoint à son tour la fonderie en 1995.

Le début des cloches Miniatures

La Fonderie Paccard innove en réalisant en 2012, à la demande du domaine vinicole Château Angélus, des petites cloches reprenant le profil de l’emblème de ce domaine.

Ces petites cloches ont été offertes lors de l’inauguration en 2012 du Carillon de 20 cloches surplombant le Château du domaine, elles sont maintenant vendues directement à la boutique du domaine Château Angelus.

Fort du succès de l’opération et du nouveau savoir-faire mis en œuvre, la Fonderie se lance dans la réalisation de petites cloches de 75mm, puis en 100mm et en 127mm, reprenant le profil spécifique des cloches PACCARD. La fonderie propose dorénavant la fabrication de ces petites cloches miniatures avec différents thèmes et différentes finitions. Les techniques actuelles permettent d’apporter une personnalisation riche au niveau des décorations.

Nouveau record du monde

Après plus de trois années de travail, l’Ars Sonora® de Tampa, un nouveau record du monde signé PACCARD a été inaugurée les 7 et 8 octobre derniers.

La sculpture musicale fait 32 mètres de haut et abrite 63 cloches qui ont chacune leur sonorité musicale et en font un instrument unique au monde !

L’inauguration s’est tenue en présence de nombreux invités qui ont pu découvrir ce chef d’œuvre du génie savoyard en musique.

Ars Sonora

La cloche

La cloche existe depuis la plus haute Antiquité. Les Chinois en fabriquaient dès le deuxième millénaire avant notre ère. Les Égyptiens et les Phéniciens ont également fourni de nombreuses clochettes. La Macédoine, la Grèce et l’Italie les employèrent pour une foule d’usages (ouverture des bains, marchés, spectacles…).

De toutes tailles, de toutes formes, la cloche est présente sur tous les continents et dans toutes les grandes civilisations. Le plus ancien livre du monde, la Bible elle-même, fait référence à des clochettes d’or réparties sur les pans de la robe du prêtre Aaron (Exode, chap.28, v.33 à 35) : « le son des clochettes se fera entendre quand il [Aaron] entrera devant le Seigneur dans le sanctuaire… »

Les premiers Chrétiens en firent un symbole d’appel et de ralliement messianique : le Signum. Selon la tradition, Saint Paulin (353 – 431), Évêque de Nôle (Italie, Campanie), introduisit l’usage des cloches dans l’Église et leur sacralisation. Il est, avec Sainte Barbe, le saint patron des fondeurs de cloches.

À la fin du VIIe siècle, ces cloches, de petites tailles, étaient fondues sur place, à proximité des églises et monastères, par les fondeurs de cloches, artisans itinérants, encore appelés Saintiers (car ils décoraient leurs cloches avec des effigies de saints). La cloche de Fontenaille (1202) – la plus vieille cloche de France – fut coulée par l’un d’eux. Avec le développement du chemin de fer, les Saintiers construiront des fonderies et cesseront de se déplacer au cours du XIXe siècle.

Avant la Première Guerre mondiale, la France possédait plus de cent ateliers de fondeurs de cloches. Aujourd’hui, seules trois fonderies de cloches françaises perdurent, parmi lesquelles la Fonderie PACCARD, numéro 1 mondial des cloches d’églises et de carillons.

Campaniste Paccard

Campaniste est avant tout un métier. L’appellation de ce métier est aussi contemporaine, qu’ancienne. Le terme « Campaniste » regroupe une grande variété de métiers :

  • Charpentier pour l’installation des beffrois et structures bois,
  • Horloger pour les mécanismes,
  • Mécanicien pour l’installation des battants et des jougs,
  • Électromécanicien pour les moteurs et les fonctionnements électriques,
  • Électricien pour toutes les installations électriques,
  • Électronicien notamment pour les systèmes de commandes automatiques programmées,
  • Restaurateur de mécaniques anciennes.

Cette notion recouvre tellement de spécialités différentes, qu’il a fallut trouver un terme pour la désigner. On parlait parfois de « réparateur de clocher ». Jusqu’à ce qu’un « campaniste », Mr. Laumaillé, avec de la ténacité, réussit à le faire entrer dans le dictionnaire vers 2005.

Il existe différents types de jougs, dont l’usage varie aussi bien selon les régions que selon les contraintes imposées par le clocher.

En fonction des traditions locales, de l’encombrement, de la taille des cloches, de la résistance du beffroi, le campaniste est amené à choisir un joug bois en mode lancé, un joug métal système rétro ou encore un joug bois rétro équilibré.

Le Musée de la Cloche

Le Musée de la Cloche (rebaptisé Musée PACCARD en 2004), un parcours divisé en plusieurs salles pour tout savoir sur l’histoire de la fonderie, les techniques de fabrication, le son des cloches, l’horlogerie et les plus beaux modèles coulés. Il expose un ensemble d’outils, de documents, gravures, photos et cloches retraçant l’histoire de la cloche et de la Fonderie Paccard. Trois documentaires d’une vingtaine de minutes chacun sont proposés dans le cadre de la visite : « Du Savoir et du Feu » (1986) ; « Une Cloche pour la Paix » (2000) et « Les Filles de Bronze » (2017). La visite dure environ 2 heures.

La visite des ateliers est axée sur la fabrication des cloches et les techniques employées par les fondeurs (moulage, coulée, accordage).

Source principale : Paccard.com